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Cartographier un projet informatique de gestion : le canevas visuel que personne n’utilise

Image pour projet informatique de gestion

Image pour projet informatique de gestion

Les projets informatiques de gestion – et en particulier les projets CRM – échouent rarement pour des raisons purement techniques. Ils dérapent parce que la vision n’est pas partagée, que les enjeux métiers sont flous, ou que chacun a sa propre carte mentale du projet. Cartographier un projet informatique de gestion avec un canevas visuel simple, complet et partagé permet de mettre tout le monde sur la même longueur d’onde dès le départ.

Ce type de canevas visuel, inspiré des méthodes de design thinking et des business model canvas, reste pourtant sous-utilisé dans les directions métiers comme dans les DSI. Pourtant, il constitue un levier puissant pour sécuriser un projet CRM, aligner les parties prenantes et faciliter les arbitrages tout au long du cycle de vie du projet.

Pourquoi les projets CRM ont besoin d’une cartographie visuelle

Un projet CRM n’est pas un simple projet logiciel

Un projet CRM impacte la façon dont vos équipes commerciales, marketing, service client et parfois même la finance travaillent au quotidien. Il modifie :

Réduire un projet CRM à un cahier des charges fonctionnel et à un rétroplanning technique, c’est ignorer la dimension organisationnelle, humaine et stratégique du projet. Un canevas visuel permet de rendre visibles ces dimensions « immatérielles » dès les premières phases de cadrage.

Un langage commun entre métiers, DSI et partenaires

Les métiers parlent clients, opportunités, taux de transformation, expérience utilisateur. Les équipes IT parlent architecture, intégration, sécurité, SLA. Les intégrateurs CRM parlent backlog, sprint, user stories. Sans support visuel partagé, ces univers ont du mal à se comprendre.

La cartographie via un canevas visuel crée un langage commun. En une page, chacun voit :

Cette vision synthétique évite les malentendus classiques : un sponsor qui pense acheter une « solution clé en main », une DSI qui se concentre sur l’outil sans repenser les processus, ou un intégrateur qui découvre les vrais enjeux métiers en cours de route.

Une base solide pour la gouvernance du projet

Un canevas bien construit ne sert pas uniquement au lancement. Il devient un outil de gouvernance :

Il complète utilement une démarche plus structurée, comme décrite dans notre dossier complet sur l’organisation d’un projet informatique de gestion, en offrant un support visuel directement exploitable par les décideurs.

Les blocs essentiels d’un canevas visuel pour projet informatique de gestion

1. Vision métier et objectifs stratégiques

Tout canevas de projet CRM devrait démarrer par la vision métier. Il s’agit de répondre clairement à trois questions :

Ces éléments doivent être formulés dans le langage des directions métiers, pas dans celui de l’IT. Ils servent de boussole à toutes les décisions ultérieures : chaque fonctionnalité demandée doit pouvoir se rattacher à au moins un objectif stratégique.

2. Périmètre fonctionnel et cas d’usage clés

La cartographie doit préciser ce qui est dedans et ce qui reste dehors. Pour un projet CRM, le canevas visualise généralement :

La force du canevas visuel est de faire apparaître ces choix de périmètre sous forme de blocs ou de zones, ce qui aide à réduire les dérives : si un besoin n’est relié à aucun cas d’usage clé, il est beaucoup plus facile de le repousser à une phase ultérieure.

3. Parties prenantes et rôles

Un projet informatique de gestion implique généralement :

Le canevas représente ces parties prenantes et précise :

Cette cartographie humaine est cruciale pour anticiper les résistances, identifier les sponsors relais et organiser la conduite du changement. Un bloc « parties prenantes » clairement visible sur le canevas évite d’oublier les acteurs indirectement impactés, comme la finance ou la conformité.

4. Processus métier et points de friction

Les CRM les plus performants sont ceux qui épousent les processus métier plutôt que l’inverse. Le canevas visuel doit donc inclure une représentation simplifiée des processus clés :

Pour chaque processus, une colonne ou une zone met en évidence :

Visuellement, on voit alors où le CRM apportera le plus de valeur, ce qui aide à prioriser les efforts de paramétrage et d’intégration.

5. Données, intégrations et contexte SI

Un projet informatique de gestion repose sur des flux de données. Le canevas doit rendre visibles :

Le fait de représenter ce contexte SI en une zone du canevas permet :

Ce bloc est également un support précieux de dialogue entre métier et DSI : tous peuvent visualiser rapidement quelles données seront réellement disponibles dans le CRM et pour quels usages.

6. Risques, contraintes et facteurs clés de succès

Un canevas complet ne se contente pas de décrire l’intention. Il explicite aussi :

Visuellement, ce bloc sert de rappel permanent : même si vous avez une excellente solution CRM, le succès dépend de la maîtrise de ces éléments périphériques. Il facilite la préparation du plan de conduite du changement et des scénarios de mitigation des risques.

7. Indicateurs de succès et bénéfices attendus

Un projet CRM doit être piloté par la valeur. Le canevas visuel synthétise :

Ce bloc permet d’aligner sponsor, DSI et intégrateur sur des objectifs partagés. Il facilite également le reporting et la valorisation du projet auprès de la direction générale.

Comment construire concrètement ce canevas visuel pour un projet CRM

1. Préparer les matériaux : données, interviews, documents existants

Avant même de se réunir autour d’un tableau blanc ou d’un outil de collaboration, il est utile de collecter :

Quelques interviews ciblées avec des commerciaux, des responsables de service client ou des managers permettent aussi de recueillir des irritants concrets et des attentes prioritaires. Ces éléments nourriront la construction du canevas.

2. Organiser un atelier pluridisciplinaire

La vraie valeur du canevas vient de la co-construction. L’atelier idéal réunit :

L’objectif n’est pas de décider de tout, mais :

Travailler sur un grand support visible par tous (paperboard, tableau numérique, outil collaboratif) est fortement recommandé pour favoriser les contributions et les ajustements en direct.

3. Renseigner les blocs dans un ordre logique

Pour éviter de partir dans tous les sens, il est utile de suivre une séquence :

Ce cheminement permet de garder le fil du récit : on part de la stratégie, on descend vers les usages concrets, puis vers l’organisation et enfin vers la technique et le pilotage.

4. Mettre le bon niveau de détail

Un canevas visuel n’est pas un cahier des charges ni un plan projet détaillé. Il doit rester :

Pour les projets CRM complexes (multipays, multimarques, intégrations nombreuses), il est parfois pertinent de décliner plusieurs canevas :

Cette approche multi-niveaux conserve la vision d’ensemble tout en laissant chaque entité préciser ses spécificités.

5. Faire vivre le canevas tout au long du projet

Une erreur fréquente est de considérer le canevas comme un livrable de lancement, puis de l’oublier. Pour en tirer pleinement parti, il doit :

Concrètement, il devient la « carte » du projet, au même titre qu’un roadmap ou qu’un plan d’urbanisation du SI, mais dans un format beaucoup plus accessible aux métiers.

Les bénéfices concrets d’un canevas visuel pour un projet CRM

Réduction des incompréhensions et des allers-retours

En clarifiant en amont les objectifs, le périmètre et les attentes des différentes parties prenantes, le canevas réduit :

Les ateliers de conception fonctionnelle et technique s’appuient sur une base commune, ce qui limite les redondances et les rediscussions permanentes.

Alignement du projet sur la valeur métier

Quand le canevas est affiché dans la salle projet ou intégré dans l’outil de gestion de projet, il rappelle en permanence :

Cet alignement permanent sur la valeur évite de tomber dans le piège du « catalogue de fonctionnalités », où chaque équipe réclame ses options préférées sans se soucier de l’impact global.

Meilleure appropriation par les équipes métiers

Un canevas visuel est beaucoup plus accessible qu’un document Word de 60 pages. Les décideurs comme les utilisateurs métiers :

Lors des sessions de formation et d’accompagnement au changement, réutiliser le canevas permet d’expliquer comment la solution déployée répond aux irritants identifiés au départ, ce qui renforce l’adhésion.

Accélération des décisions en comité de pilotage

Les comités de pilotage sont souvent saturés de détails techniques et de reporting opérationnel. En s’appuyant sur le canevas :

Le canevas devient un support visuel pour guider les discussions, plutôt qu’une simple référence documentaire consultée de manière ponctuelle.

Capitalisation pour les futurs projets de gestion

Une fois le projet CRM lancé ou déployé, le canevas constitue un actif pour l’entreprise :

Disposer d’une bibliothèque de canevas pour les principaux projets de gestion menés par l’organisation contribue à professionnaliser progressivement la manière de lancer, piloter et valoriser les initiatives numériques.

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