La qualité de votre fiche client CRM conditionne directement la performance de vos actions commerciales, marketing et de service client. Un CRM bien renseigné permet aux équipes de prioriser les bons prospects, de personnaliser leurs discours et de suivre précisément le cycle de vie de chaque compte. À l’inverse, une base mal structurée génère de la perte de temps, des relances inutiles et une vision faussée du pipeline.
Pour aider les entreprises B2B à structurer leurs données, voici 10 modèles de champs à recopier (et adapter) dans votre logiciel CRM. Ces exemples sont pensés pour des acheteurs professionnels et s’intègrent dans une logique de fiche client robuste, pérenne et réellement exploitable.
1. Informations d’identification de l’entreprise
La première brique d’une fiche client CRM est évidente, mais elle doit être pensée avec précision pour éviter les doublons et les incohérences. Il ne s’agit pas seulement du nom de l’entreprise, mais d’un socle d’identification fiable.
Champs à intégrer
- Raison sociale / Nom de l’entreprise : champ texte obligatoire, avec contrôle des doublons.
- SIRET / Numéro d’enregistrement : indispensable en B2B pour fiabiliser la base et éviter les doublons multi-entités.
- Groupe / Holding : champ de liaison pour rattacher l’entreprise à un groupe plus large.
- Segment client : exemple de valeurs : Prospect, Client, Ancien client, Partenaire, Revendeur.
- Statut relationnel : en cours de qualification, en négociation, client actif, client à risque, perdu, etc.
Bonnes pratiques
- Utiliser des listes déroulantes pour limiter les variations de saisie (ex : “Client actif” vs “Client Actif”).
- Mettre en place un processus de fusion de doublons basé sur SIRET et domaine email.
- Rendre certains champs obligatoires à la création (raison sociale, segment client au minimum).
Cette couche d’identification est le socle de toutes vos analyses commerciales (taux de transformation, répartition par segments, churn, etc.). Sans elle, les rapports CRM deviennent vite inutilisables.
2. Coordonnées et canaux de contact
Une fiche client efficace centralise tous les canaux de communication possibles avec l’entreprise et les contacts associés. Le but : savoir rapidement par où joindre le client ou le prospect, sans avoir à fouiller dans les emails ou les fichiers partagés.
Champs à intégrer
- Adresse postale complète (numéro, rue, code postal, ville, pays)
- Numéro de téléphone principal (standard ou siège)
- Site web de l’entreprise (URL principale)
- Domaine email principal (ex : @entreprise.fr)
- Réseaux sociaux :
- Page LinkedIn entreprise
- Page Facebook (si pertinent B2B)
- Compte X (Twitter), YouTube, etc.
- Canal de contact privilégié : téléphone, email, visio, rendez-vous physique, autres.
- Fuseau horaire / Pays : critique pour les équipes commerciales internationales.
Bonnes pratiques
- Standardiser le format des numéros de téléphone (international +33, etc.).
- Utiliser des champs séparés pour rue / code postal / ville pour faciliter les segmentations géographiques.
- Prévoir un champ “Historique de consentement” (opt-in email, SMS, etc.) pour rester conforme au RGPD.
Ces champs sont autant utiles pour vos campagnes marketing (segmentation géographique, campagnes locales) que pour la prospection terrain et l’assignation des comptes aux bons commerciaux.
3. Fiche contact : les personnes clés chez le client
Une fiche client CRM pertinente ne se limite pas à l’entité légale : elle doit refléter les individus qui la composent. En B2B, la décision d’achat est souvent collective. Il est donc crucial de cartographier les rôles et niveaux d’influence.
Champs à intégrer pour chaque contact
- Prénom et Nom
- Fonction : Directeur achats, Responsable marketing, CFO, CEO, etc.
- Service / Département : Finance, IT, Marketing, Production, Direction générale…
- Email professionnel
- Téléphone direct et/ou portable professionnel
- Rôle dans le cycle de vente :
- Décideur
- Influenceur
- Utilisateur
- Prescripteur
- Gatekeeper / Assistant
- Niveau de pouvoir de décision : élevé, moyen, faible.
- Préférences de contact : heure de rappel idéale, canal privilégié, langue de communication.
- Historique relationnel : premier contact, dernier contact, origine de la relation (salon, recommandation, inbound, etc.).
Bonnes pratiques
- Distinguer le compte (entreprise) de la fiche contact (individu) mais les lier fortement dans le CRM.
- Mettre à jour régulièrement les fonctions et coordonnées (les mobilités internes sont fréquentes).
- Prévoir un champ “risque de départ” pour les contacts clés (indicatif, mais utile pour anticiper).
Cette granularité permet des scénarios marketing ciblés (séquences dédiées aux décideurs financiers vs utilisateurs opérationnels, par exemple) et une approche commerciale plus fine.
4. Données de qualification business
La qualification est le cœur de votre dossier complet sur la structuration d’une fiche client CRM exploitable. Sans critères business solides, impossible de prioriser efficacement les leads, de segmenter les campagnes ou de bâtir un scoring pertinent.
Champs à intégrer
- Secteur d’activité (NAF / code industrie) : via liste standardisée pour permettre des analyses sectorielles.
- Taille de l’entreprise :
- Nombre d’employés (tranches : 1–10, 11–50, 51–200, 201–1000, 1000+)
- Chiffre d’affaires (fourchettes, si l’info est disponible)
- Zone de couverture : locale, nationale, internationale.
- Type de business : B2B, B2C, B2B2C, administration publique, association, etc.
- Modèle économique : abonnement, one-shot, projets, distribution, SaaS, services, etc.
- Potentiel de chiffre d’affaires estimé pour votre entreprise (faible, moyen, élevé).
- Priorité commerciale interne :
- A : comptes stratégiques
- B : comptes à potentiel
- C : comptes à entretenir
Bonnes pratiques
- Utiliser des tranches plutôt que des valeurs exactes pour limiter les erreurs de saisie.
- Aligner ces champs avec les critères définis par le marketing et la direction commerciale.
- Automatiser, si possible, une partie de la qualification via des connecteurs (bases externes, enrichissement de données).
Des champs de qualification bien conçus permettent de concentrer l’effort des commerciaux sur les comptes à plus forte valeur potentielle, tout en industrialisant la prospection sur les segments à volume.
5. Historique commercial et opportunités
Un CRM doit rendre lisible, en quelques secondes, l’historique de la relation commerciale avec un compte : ce qui a été vendu, ce qui est en cours de discussion, ce qui a été refusé.
Champs à intégrer au niveau du compte
- Client depuis le (date de première commande ou de signature)
- Statut de client : nouveau client, récurrent, inactif, perdu.
- Chiffre d’affaires cumulé sur 12, 24, 36 mois (si le CRM le permet).
- Produits / offres déjà achetés (liste ou tags).
- Cycle de vente moyen pour ce compte (en jours ou mois).
- Raison de perte principale (si le compte est inactif ou perdu) : prix, concurrence, délai, produit non adapté, etc.
Champs à intégrer au niveau des opportunités
- Nom de l’opportunité (ex : “Déploiement CRM France – Filiale X”).
- Montant estimé
- Probabilité de clôture (%)
- Échéance prévue / Date de clôture prévue
- Phase du cycle de vente :
- Lead qualifié
- Découverte
- Démo / POC
- Proposition envoyée
- Négociation
- Gagnée / Perdue
- Source de l’opportunité : inbound, salon, recommandation, télémarketing, partenaire, etc.
- Concurrents identifiés
Bonnes pratiques
- Imposer la saisie d’une “raison de perte” pour toute opportunité perdue.
- Relier chaque opportunité au bon compte et au bon contact principal pour analyse ultérieure.
- Standardiser les noms de phases du pipeline et les utiliser de manière homogène dans toute l’entreprise.
Un suivi rigoureux des opportunités alimente votre prévisionnel de ventes, mais sert aussi de mémoire collective pour comprendre ce qui fonctionne (ou pas) dans votre stratégie commerciale.
6. Enjeux, besoins et pain points du client
Le CRM ne doit pas seulement stocker des données factuelles, mais aussi la connaissance métier du client : ses priorités, ses contraintes, ses projets clés. C’est cette dimension qualitative qui permet de personnaliser réellement les interactions commerciales.
Champs à intégrer
- Enjeux business principaux :
- Réduction des coûts
- Augmentation du CA
- Amélioration de la satisfaction client
- Digitalisation / automatisation
- Conformité réglementaire, etc.
- Problématiques actuelles (champ texte libre structuré) : description des irritants, blocages, risques.
- Projets stratégiques en cours ou à venir : transformation digitale, migration ERP, internationalisation…
- Critères de décision d’achat :
- Prix
- Qualité / fiabilité
- Support et accompagnement
- Intégration au SI existant
- Références sectorielles
- Urgence perçue : faible, moyenne, élevée.
Bonnes pratiques
- Structurer les champs qualitatifs avec des bullet points ou des tags pour faciliter la relecture.
- Mettre à jour ces informations à chaque rendez-vous clé, pas seulement lors de la découverte.
- Relier ces enjeux aux solutions proposées (champs ou tags “Solutions recommandées”).
Ce bloc d’informations alimente autant le discours des commerciaux que les équipes marketing (cas clients, webinaires ciblés, contenus par secteur ou par problématique).
7. Paramètres financiers et administratifs
Pour les clients actifs, la fiche CRM doit intégrer les données financières et administratives clés, afin de fluidifier le travail conjoint des ventes, de la finance et de l’ADV.
Champs à intégrer
- Conditions de paiement : comptant, 30 jours fin de mois, 45 jours, etc.
- Mode de facturation : mensuel, trimestriel, annuel, au projet, à l’usage.
- Canal de facturation : portail client, EDI, email, courrier, plateforme spécifique.
- Devise principale : EUR, USD, GBP, etc.
- Adresse de facturation (peut différer du siège).
- Contact facturation (nom, email, téléphone).
- Plafond de crédit éventuel.
- Statut de risque financier (faible, moyen, élevé) si votre politique de crédit client l’exige.
Bonnes pratiques
- Synchroniser ces champs avec votre ERP ou outil de facturation lorsque c’est possible.
- Limiter l’accès ou la modification de certains champs aux profils habilités (finance, ADV).
- Documenter dans le CRM les accords particuliers (remises, conditions négociées, dérogations).
Ces informations, souvent négligées dans la phase de mise en place du CRM, sont pourtant essentielles pour éviter les litiges, les retards de paiement et les frictions entre services.
8. Interactions, historique et niveau d’engagement
Au-delà de la donnée statique, une fiche client performante trace toutes les interactions entre le client et votre entreprise. C’est ce niveau de détail qui permet d’évaluer l’engagement réel et de prioriser les actions de suivi.
Champs et éléments à suivre
- Historique des rendez-vous : date, type (visio, physique, téléphone), participants, compte-rendu.
- Historique des emails clés : en particulier, les emails commerciaux, propositions, réponses aux objections.
- Ouvertures et clics marketing : newsletters, campagnes, invitations à des événements.
- Participation à des événements : webinaires, salons, ateliers, formations.
- Tickets support / demandes de service :
- Volume de tickets
- Sujets récurrents
- Temps de résolution moyen
- Score d’engagement (si votre CRM le propose) : score basé sur les interactions récentes.
Bonnes pratiques
- Encourager les commerciaux à saisir un résumé structuré après chaque rendez-vous.
- Centraliser autant que possible les communications dans le CRM (intégration email, calendrier, outils de visio).
- Utiliser l’historique d’engagement pour prioriser les relances et adapter la fréquence des contacts.
Cette dimension chronologique transforme une simple base de données en véritable mémoire vivante de la relation client, utile à tous les interlocuteurs qui interagissent avec le compte.
9. Indicateurs de satisfaction et risques
Pour mieux vendre, il ne s’agit pas seulement de signer de nouveaux contrats, mais aussi de sécuriser le portefeuille existant. Les champs liés à la satisfaction et aux risques de churn sont essentiels pour anticiper les problèmes.
Champs à intégrer
- Score de satisfaction client (NPS, CSAT, note interne) : sur une échelle définie (ex : 1 à 10).
- Date du dernier sondage de satisfaction.
- Commentaires du client (synthèse des remontées positives et négatives).
- Niveau de risque de churn : faible, moyen, élevé.
- Motifs de risque identifiés :
- Insatisfaction produit
- Concurrence agressive
- Changement d’interlocuteur clé
- Projet interne de remplacement
- Contraintes budgétaires
- Plan d’action de rétention (champ texte ou liste de tâches liée).
Bonnes pratiques
- Aligner cette notation avec une méthodologie claire et partagée entre les équipes.
- Mettre à jour le niveau de risque après chaque point critique (ticket majeur, changement de sponsor interne, renégociation).
- Relier le risque de churn à des workflows d’alerte et de plans d’action dans le CRM.
Ces champs transforment la fiche client en outil de pilotage du revenu récurrent, au-delà du simple suivi des ventes.
10. Champs personnalisés selon votre métier
Enfin, une fiche client CRM vraiment performante intègre des champs sur mesure, propres à votre activité, votre secteur et votre modèle de vente. C’est cette couche de personnalisation qui vous donnera un avantage concurrentiel.
Exemples de champs métier
- Pour un éditeur de logiciel :
- Technologies déjà utilisées (ERP, CRM, marketing automation, etc.).
- Nombre d’utilisateurs potentiels.
- Mode d’hébergement préféré (SaaS, On-premise, hybride).
- Niveau de maturité digitale (basé sur une grille interne).
- Pour un industriel :
- Type d’équipement déjà en place.
- Fréquence de renouvellement / maintenance.
- Normes et certifications nécessaires.
- Contraintes logistiques (délais, modes de livraison).
- Pour un cabinet de conseil :
- Fonction du sponsor interne (DG, DRH, DAF, etc.).
- Historique des missions réalisées.
- Niveau de maturité organisationnelle.
- Prochains jalons stratégiques (plan à 3 ans, projets de transformation).
Bonnes pratiques de personnalisation
- Lancer un atelier croisé sales / marketing / service client pour définir les informations réellement utiles.
- Limiter le nombre de champs personnalisés : mieux vaut 10 champs bien utilisés que 50 jamais remplis.
- Tester la nouvelle structure de fiche sur un échantillon de clients avant de la généraliser.
- Documenter clairement chaque champ (définition, exemples, qui le met à jour, à quel moment).
En adaptant ces modèles de champs à votre réalité métier, vous transformez votre fiche client CRM en véritable tableau de bord de la relation commerciale, au service des équipes de terrain comme du pilotage stratégique.
